Jai voulu dĂ©crire en vĂ©ritĂ© la condition de ces parias et la maniĂšre dont ils la vivent, j’ai voulu faire entendre leur voix ; on sera obligĂ© de reconnaĂźtre que c’est une voix humaine. 22 À l’instar de Simone de Beauvoir, je voudrais dans mon film donner la parole Ă  ceux qui sont vieux et la donner Ă  entendre, ĂȘtre dans la mĂ©diation comme souvent en cinĂ©ma Lavoix des premiers concernĂ©s, rĂ©sidents d’EHPAD et proches, doit ĂȘtre portĂ©e mais surtout entendue. La souffrance des soignants d’EHPAD, ainsi que celle de leurs cadres Ă©galement. Cettedisposition permet que ce soit une personne accueillie qui fixe les ordres du jour et signe les comptes-rendus des rĂ©unions, mĂȘme si son Ăąge ou ses handicaps le Celuici doit obligatoirement faire connaitre aux membres du conseil de la vie sociale les suites, favorables ou dĂ©favorables, qu'il entend rĂ©server aux avis et aux propositions formulĂ©s. Est Ă©lu le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix et, en cas d'Ă©galitĂ©, un tirage au sort est effectuĂ©. Le prĂ©sident est Ă©lu parmi les lĂ©talissement pour faire entendre la voix des usagers et veiller au respect de leurs droits. cvs-ehpad@ fonctionnement du Conseil de la Vie sociale Le Conseil de la vie sociale se rĂ©unit au moins trois fois/ an et autant de fois que cela est nĂ©cessaire sur convocation de son prĂ©sident ou sur la ou sur demande du Directeur de la structure. Le dJGwt9. Ce point est plusieurs fois Ă©voquĂ© lors de rĂ©unions Inter CVS. La loi de 2002 a prĂ©vu, un collĂšge spĂ©cifique pour la reprĂ©sentation du personnel au sein du CVS. Leur prĂ©sence Ă  cotĂ© de la reprĂ©sentation des rĂ©sidents, des familles et de l’organisme de la direction est nĂ©cessaire. Cela leur permet d’entendre et de comprendre les remarques et propositions des usagers pour le bon fonctionnement de l’ ils peuvent Ă©mettre leurs avis et propres observations sur les points de vue des usagers. Certes, leur posture, n’est pas toujours Ă©vidente, car la CVS n’est pas une instance de dĂ©fense et de reprĂ©sentation du personnel, ni un lieu d'Ă©changes sur leurs pratiques professionnelles en tant que telles et de ce fait ils peuvent ĂȘtre parfois en porte Ă  faux » entre leur avis et celui des autres membres du plus, l’horaire de la rĂ©union du CVS et la charge de travail, si leur absence n’a pas Ă©tĂ© organisĂ©e, ne facilite pas leur participation. Le prĂ©sident du CVS doit intervenir auprĂšs de la direction pour faciliter leur est que les reprĂ©sentants du personnel et les reprĂ©sentants des rĂ©sidents et des familles puissent se connaĂźtre et s’apprĂ©cier par le dialogue au sein du CVS. Une reconnaissance de leurs compĂ©tences et de bonnes conditions de travail contribuent au bien- ĂȘtre et Ă  la bientraitance des Comme pour les reprĂ©sentants des rĂ©sidents et des familles, ils peuvent Ă©mettre un avis et voter lorsque cela s'avĂšre nĂ©cessaire Un établissement ou un service Vous ÃÂȘtes un professionnel du secteur ? Qui est la FNAQPA par rapport à vous ? LA FNAQPA et le développement des savoirs, du savoir-faire, du savoir-ÃÂȘtre Que ce soit en établissement au domicile, la qualité de vie des personnes ùgées est au coeur des préoccupations de la FNAQPA, Fédération Nationale Avenir et Qualité de vie des Personnes Âgées. La qualité de leur accompagnement dépend naturellement des aidants, qu'ils soient familiaux ou professionnels. C'est précisément à ce titre que la FNAQPA, grùce à son département formation GERONFOR, assure la formation et la montée en compétence des professionnels du secteur, qui travaillent au domicile ou en établissement. La démarche de formation continue, des équipes de soins, de direction, des services généraux, contribue à mieux appréhender l'évolution rapide du secteur. Cette évolution modifie mécaniquement les métiers, les approches, les pratiques et les   Une fédération impliquée au coeur des métiers La FNAQPA siÚge au Conseil d'Administration de l'Agence Nationale de l'Évaluation et de la qualité des établissements et services Sociaux et Médico-sociaux ANESM et la directrice Qualité de Vie à la FNAQPA est actuellement Présidente de la section Personnes Âgées du Comité d'Orientation Stratégique COS. Les missions de l'ANESM sont directement issues des obligations faites aux Établissement et Services Sociaux et Médico-Sociaux ESSMS qui sont tenus de mettre en place une évaluation en continu de leurs activités et de la qualité des prestations qu'ils délivrent. Les évaluations se conduisent, selon l'article L 312-8 du Code d'Action Sociale et des Familles CASF, notamment au regard des procédures, références et recommandations de bonnes pratiques validées ou élaborées par l'Agence. C'est ainsi que la FNAQPA, grùce à son expertise terrain et sa connaissance des institutions administratives et politiques, contribue largement à la professionnalisation du secteur de la maniÚre la plus adaptée, et ce de deux maniÚres son département de formation GERONFOR, mais également grùce à l'intervention de la société GERONTIM, la filiale conseil de la FNAQPA. Les consultants du cabinet de conseil et du bureau d'études accompagnent les établissements et leurs équipes dans l'élaboration de leurs projets d'établissement, projets de soins, projets de vie et projets architecturaux. Pour une mission d'avenir professionnel La FNAQPA est une fédération à laquelle adhÚrent des gestionnaires d'établissements et services pour personnes ùgées, à but non lucratif uniquement. La mission de la FNAQPA est de défendre leurs intérÃÂȘts en ce qu'ils sont directement ou indirectement liés à la qualité de l'accompagnement et de la vie des personnes ùgé La vie de la FNAQPA est donc organisée autour de deux missions principales. La représentation de ses adhérents au niveau nationale, ainsi que la formation des professionnels grùce à son département GERONFOR. L'accompagnement des professionnels s'effectuent également grùce à l'intervention de la société GERONTIM, la filiale conseil de la FNAQPA. Les consultants du cabinet de conseil et du bureau d'étude accompagnent professionnels dans l'élaboration de leurs projets d'établissement, projet de soins, projets de vie et projets architecturaux. Finalement, c'est à travers la formation et l'accompagnement des professionnels, que les missions de la FNAQPA vont dans le sens de l'amélioration continue de la qualité de l'accompagnement et de la vie de nos aÃnés. Une famille ou un aidant Qui est la FNAQPA par rapport à vous ? L'usager au coeur d'un dispositif ouvert Que ce soit en établissement ou au domicile, la qualité de vie des personnes ùgées est au coeur des préoccupations de la FNAQPA, Fédération Nationale Avenir et Qualité de vie des Personnes Âgées. La qualité de leur accompagnement doit bien entendu prendre en compte les aidants, qu'ils soient familiaux ou professionnels. C'est pour cette raison que le GERONFORUM organisé chaque année par la FNAQPA, est un temps d'échange avec tous les acteurs politiques et de terrain, et est notamment ouvert aux résidents et aux familles. Il est d'ailleurs présidé chaque année par un résiden. les trois derniÚres éditions ayant été notamment présidée par Marie PERRET, présidente de l'association Liberté du Résident en Institution LRI, siégeant également au Conseil d'Administration de la FNAQPA. Cette ouverture naturelle est à l'image du Conseil de la Vie Sociale CVS devant se tenir dans chaque établissement, offrant ainsi un espace de parole aux usagers. Une fédération humaniste et solidaire La FNAQPA siÚge au Conseil d'administration de la Caisse Nationale de Solidarité et de l'Autonomie CNSA. Cette entité indépendante a été mise en place en 2004 à la suite de la canicule de 2003. S'en suivra dans la mÃÂȘme année, la mise en place de la journée de solidarité pour les personnes ùgées et handicapées, le jour de la PentecÎte, afin de lever un fond solidaire pour l'autonomie collecté par la CNSA. C'est dans ce contexte que la FNAQPA, chaque année depuis lors, rend cette journée de solidarité en faisant participer ses salariés à une journée de réflexion dans le but de définir les actions solidaires et volontaires menées par les salariés de la FNAQPA auprÚs de résidents. Pour une mission d'avenir générationnel La FNAQPA est une fédération à laquelle adhÚrent des gestionnaires d'établissements et services pour personnes ùgées, à but non lucratif uniquement. La mission de la FNAQPA est de défendre leurs intérÃÂȘts en ce qu'ils sont directement ou indirectement liés à la qualité de l'accompagnement et de la vie des personnes ùgé La vie de la FNAQPA est donc organisée autour de deux missions principales. La représentation de ses adhérents au niveau national, ainsi que la formation des professionnels grùce à son département GERONFOR. L'accompagnement des professionnels s'effectuent également grùce à l'intervention de la société GERONTIM, la filiale conseil de la FNAQPA. Les consultants du cabinet de conseil et du bureau d'étude accompagnent les établissements dans l'élaboration de leurs projets d'établissement, projet de soins, projets de vie et projets architecturaux. Finalement, c'est donc à travers la représentation des gestionnaires et l'accompagnement des professionnels, que les missions de la FNAQPA vont dans le sens de l'amélioration continue de la qualité de l'accompagnement et de la qualité de vie de nos aÃnés.    Il arrive que l’on entende une voix dans son rĂȘve, or celle-ci vient de son intĂ©rieur, mais d’oĂč exactement ? Entendre une voix dans son rĂȘve Parfois, dans un rĂȘve, une voix commente ce que l’on est en train de faire. On a l’impression Ă  la fois d’ĂȘtre acteur du rĂȘve, de commenter les actions auxquelles on participe, ou de les voir simultanĂ©ment avec du recul. Il y a alors une dissociation entre les images, la façon de les percevoir. Fonctionnement du cerveau Pour comprendre cette particularitĂ©, il faut savoir que lorsque l’on fait quelque-chose, il y a deux mĂ©canismes psychiques qui se dĂ©roulent simultanĂ©ment dans notre cerveau un mĂ©canisme qui est Ă  l’origine de l’action, un autre qui assure le sujet que c’est bien lui qui rĂ©alise cette action. C’est ce fonctionnement rĂ©flexif qui explique, parfois, un Ă©cart entre l’action et la voix qui commente l’action rĂ©alisĂ©e. Ainsi, si l’on prend pour exemple "manger une pomme" pour le premier mĂ©canisme dĂ©crit "l’image" est la mĂȘme que ce soit le sujet ou son voisin qui mange la pomme, le second mĂ©canisme permet de savoir qui fait quoi ou bien il assure le sujet que c’est bien lui qui mange la pomme, ou bien il lui indique que ce n’est pas lui et donc que c’est le voisin. Une distorsion de ces mĂ©canismes s’observe dans certaines maladies psychiques, le sujet ayant l’impression qu’une voix commente les actions qui se dĂ©roulent autour de lui. La voix du rĂȘve Dans un rĂȘve, il arrive frĂ©quemment que la perception que l’on retient de notre fonctionnement psychique aboutisse Ă  l’interprĂ©tation qu’une voix s’adressait Ă  nous durant ce rĂȘve. Par lĂ , il faut comprendre qu’aucune voix ne s’est exprimĂ©e durant la nuit, mais que l’on a associĂ© Ă  une voix extĂ©rieure le double mĂ©canisme prĂ©cĂ©demment dĂ©crit et qui a pu ĂȘtre perçu de façon dissociĂ©e. Cette voix, c’était la nĂŽtre qui nous disait ce que nous Ă©tions en train de faire, d’oĂč cette impression que le rĂȘve est commentĂ© en direct. Mais cette voix intĂ©rieure est aussi celle qui peut dire ce qui vient de nous, ce qui vient de l’autre, or cette distinction primordiale entre soi et les autres est d’une richesse Ă©tonnante. En effet, dans un couple par exemple, qu’est-ce qui vient de l’un induit par le comportement de l’autre, ses messages inconscients, ses attentes..., qu’est-ce qui vient de l’autre ? Recherchez "Entendre une voix" sur l'ensemble des rĂȘves interprĂ©tĂ©s sur ce site Marie a luttĂ© pendant quatre ans contre ses troubles du comportement alimentaire. Dans cette lettre ouverte, elle a voulu retranscrire tout ce qu'elle aurait eu besoin d'entendre lorsqu'elle Ă©tait malade. Car non, l'anorexie et la boulimie ne sont pas des "caprices de petite fille qui refuse de manger". Jusqu'Ă  ce que je tombe moi-mĂȘme malade, je pensais que les troubles du comportement alimentaire n'arrivaient qu'aux autres. Puis, j'ai pensĂ© que je ne pourrais jamais guĂ©rir. L'une de mes amies est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  20 ans suite Ă  des complications liĂ©es Ă  cette maladie. J'ai vu des patientes se faire rĂ©-hospitalisĂ©es de nombreuses fois et lu de nombreux tĂ©moignages Ă  propos de personnes qui n'ont jamais pu guĂ©rir. A ce moment-lĂ , j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© qu'on me crie "Oui, c'est possible, tu peux t'en sortir !". Maintenant, c'est Ă  mon tour de crier cette phrase aux malades. Je veux leur faire comprendre qu'elles/ils ne sont pas fous, comme je pensais l'ĂȘtre avant de rencontrer d'autres patientes. Cette lettre ouverte est Ă©galement Ă  destination de tous ceux qui voient l'anorexie comme un "caprice de petite fille qui refuse de manger." "S'il-te-plaĂźt, prends soin de toi et de ton entourage" On ne rĂ©alise pas immĂ©diatement qu'on est malade lorsqu'on commence Ă  plonger dans l'anorexie. On a parfois besoin de beaucoup de temps et de l'aide de notre entourage. Durant plusieurs longs mois, je me suis prise la tĂȘte avec mes parents. Ils insistaient, ils me disaient que j'avais un problĂšme et que j'avais besoin d'ĂȘtre aidĂ©e. Je rĂ©pĂ©tais que j'avais le contrĂŽle. J'y croyais vraiment. Je voulais perdre du poids et je le faisais. Un jour, mes parents m'ont proposĂ© un deal "Si tu peux faire tout ce que tu veux, prouve-nous que tu peux reprendre du poids et on te laissera tranquille." Cela n'a pas marchĂ© comme je pensais. En rĂ©alitĂ©, je n'avais en rĂ©alitĂ© aucun contrĂŽle sur mon corps. C'Ă©tait plutĂŽt ce contrĂŽle qui me possĂ©dait. Si tu vois quelqu'un s'enfoncer dans les troubles du comportement alimentaire, s'il-te-plaĂźt, aide-le Ă  ouvrir les yeux. Les mĂ©decins ont dit Ă  mes parents que j'avais eu de la chance qu'ils l'aient remarquĂ© assez tĂŽt. Plus tĂŽt on commence Ă  prendre en charge la maladie, plus on a de chances de s'en sortir. Évidemment, il est impossible de commencer Ă  se battre contre la maladie en Ă©tant persuadĂ© d'ĂȘtre et d'avoir tout sous contrĂŽle. "Le problĂšme n'est pas ton poids" Moins je mangeais, plus j'Ă©tais dĂ©goĂ»tĂ©e par la nourriture et par son odeur. Plus je perdais de poids, plus j'avais besoin de perdre de poids. Ce n'Ă©tait jamais assez. Je me sentais toujours trop grosse. Lorsque j'atteignais mon objectif de poids, je m'en fixais immĂ©diatement un nouveau, toujours plus bas. Je pinçais mon corps, Ă  la recherche de la moindre trace de gras. Cela ne s'arrĂȘtait plus il est impossible d'atteindre un objectif qui Ă©volue en permanence. Se figurer ce paradoxe est trĂšs compliquĂ© lorsqu'on est malade. Mais une fois que tu l'as compris, tu peux enfin rĂ©aliser que le problĂšme n'est pas ton poids mais ta maladie mentale. "Ne me dis pas que je n'"avais qu'Ă  manger"" Je sais que certaines personnes en sont persuadĂ©es. Ça m'horripile. S'"il suffisait de manger", je suppose qu'on serait nombreuses et nombreux Ă  l'avoir fait avant d'ĂȘtre ou avant de mourir. Il n'y a pas que la nourriture qui est en jeu, il y a aussi la haine de soi. J'avais l'impression d'avoir constamment deux voix dans ma tĂȘte. Une m'affirmait que je devais stopper cette maladie, l'autre m'y enfonçait encore plus. J'avais froid tout le temps, j'avais mal au ventre, j'ai arrĂȘtĂ© d'avoir mes rĂšgles, j'ai perdu beaucoup de cheveux, j'avais des crampes et la tĂȘte qui tourne. Mais le pire se passait dans ma tĂȘte. Quand je sentais que mon corps Ă©tait faible, une partie de moi me disait "C'est bien, ça veut dire que tu le pousses Ă  bout". Lorsque je me forçais Ă  manger, une voix m'encourageait parfois "C'est bien tu te rapproches de la guĂ©rison". Une autre me rĂ©pĂ©tait "Tu es dĂ©goĂ»tante, tu devrais avoir honte, tu t'Ă©loignes de ton objectif. Ton objectif est de perdre du poids !" Je recherchais un moyen d'Ă©liminer les calories en mĂȘme temps que je les ingurgitais. Je pensais que j'Ă©tais folle en me battant contre moi-mĂȘme, avec ces deux voix incompatibles dans ma tĂȘte. Il m'arrivait de ne plus savoir contre quoi et pour quoi je me battais. J'avais le sentiment que si mon corps avait assez d'Ă©nergie pour ĂȘtre en bonne santĂ©, cela rendrait mon esprit encore plus malade, malade de honte. Comme si mon corps et mon esprit Ă©taient deux entitĂ©s complĂštement distinctes et qu'elles ne pourraient jamais se sentir bien en mĂȘme temps. J'avais honte de mon corps. Si je gagnais du poids, je me sentais imprĂ©sentable. AprĂšs avoir rĂ©ussi Ă  manger, ne serait-ce qu'un peu, je ne pouvais penser Ă  rien d'autre que ce que je venais d'avaler, comment je devais le dĂ©penser et Ă  ces sentiments de dĂ©goĂ»t et de haine envers moi-mĂȘme. Cela prenait toute la place dans mon esprit. Quand tu es en colĂšre contre une personne, tu as la possibilitĂ© de la confronter pour extĂ©rioriser, ou du moins de limiter le contact. Le problĂšme quand tu te hais est que tu ne peux pas t'Ă©chapper de toi-mĂȘme. Je dĂ©testais mon corps et j'Ă©tais bloquĂ©e Ă  l'intĂ©rieur de celui-ci. "Ce n'est pas toi qui as le contrĂŽle" La maladie me poussait Ă  "garder le contrĂŽle sur mon corps", mais en rĂ©alitĂ© je n'en avais aucun. Lorsque je gagnais un peu de poids, mĂȘme si ce n'Ă©taient que quelques grammes, mes ongles s'enfonçaient dans ma peau et mes jambes s'agitaient frĂ©nĂ©tiquement, comme si elles voulaient s'Ă©loigner de mon corps. Je ne pouvais pas penser Ă  autre chose qu'Ă  mon poids, comment perdre des calories, les excuses que j'allais utiliser pour sauter les repas, le poids qui s'afficherait sur la balance la prochaine fois que je monterai dessus. Je faisais des cauchemars Ă  propos de la nourriture. Le matin, le chiffre affichĂ© sur la balance dĂ©terminait l'ensemble de ma journĂ©e. Exemples parmi tant d'autres je ne m'asseyais dans le couloir avec les autres Ă©lĂšves car rester debout me permettait de brĂ»ler plus de calories. Je refusais de sortir avec mes car je savais qu'Ă  un moment de la journĂ©e, ils allaient vouloir manger. La maladie ne faisait pas partie de ma vie, la maladie Ă©tait ma vie. Si tu as vraiment le contrĂŽle, tu devrais ĂȘtre capable de vivre sans tout calculer par rapport Ă  ton poids. "L'anorexie te ment" Quand des personnes me touchaient, mĂȘme pour quelques secondes, je me demandais, inquiĂšte "Est-ce qu'ils ont senti mon gras ?". J'avais peur qu'on me regarde, j'avais honte. Je pensais qu'ils examinaient Ă  quel point j'Ă©tais grosse. Maintenant je comprends que c'Ă©tait le contrĂŽle ils me regardaient parce que j'Ă©tais anormalement maigre. "L'hĂŽpital craint mais peut aussi te sauver" J'ai Ă©tĂ© hospitalisĂ©e contre mon grĂ© dans un centre spĂ©cialisĂ© dans le traitement des troubles de conduite alimentaires Je me suis enfuie au bout d'un mois. Je ne pouvais ni voir ni parler avec ma famille ou mes Les ont pris mon tĂ©lĂ©phone. Je pouvais Ă©crire des lettres, mais pas en recevoir. Je ne pouvais pas jouer de la musique, je ne pouvais pas sortir. Ils m'ont mĂȘme confisquĂ© mes livres scolaires. Tout Ă©tait liĂ© au contrat de poids dĂ©terminĂ© par le mĂ©decin. Les me posaient Ă©normĂ©ment de questions. J'avais l'impression qu'en plus de me changer physiquement, ils cherchaient Ă  me changer psychologiquement. Ils voulaient me donner des mĂ©dicaments pour m'aider Ă  me dĂ©tendre. Je refusais, pensant qu'ils voulaient me shooter. C'Ă©tait la pire pĂ©riode de ma vie. Cependant, certaines personnes, hospitalisĂ©es au mĂȘme endroit que moi, affirment que sans cet endroit, elles ne seraient probablement plus en vie. Quant Ă  moi, j'avais si peur d'y retourner que cela m'a motivĂ©e pour guĂ©rir. "Tu n'es pas Pour mes proches qui ne souffraient pas de troubles de comportement alimentaire, il Ă©tait extrĂȘmement compliquĂ© d'arriver Ă  me comprendre. A l'hĂŽpital, j'ai vu d'autres malades. J'ai finalement rencontrĂ© des personnes qui me comprenaient. C'Ă©tait la confirmation que je n'Ă©tais ni seule, ni folle. Avec certaines on s'est promis qu'on serait toujours lĂ  les unes pour les autres. "Toujours" est un bien grand mot, mais dans ma tĂȘte je ne voyais pas d'autres possibilitĂ©s. Leur courage me boostait. Parfois, je me disais "Elles essaient trĂšs fort de s'en sortir, je ne devrais pas abandonner. Si je peux m'en sortir, je vais le faire." "Prends la boulimie au sĂ©rieux" Globalement, les gens semblent ĂȘtre plus informĂ©s au sujet de l'anorexie que de la boulimie. Les deux maladies peuvent faire Ă©normĂ©ment de mal. J'ai commencĂ© Ă  faire des crises de boulimie aprĂšs mon hospitalisation. Je pouvais avaler le contenu entier du placard de petit dĂ©jeuner familial, assise sur le sol. Je n'avais mĂȘme pas le temps de finir d'avaler que ma main plongeait de nouveau dans le paquet. Mon esprit me hurlait d'arrĂȘter mais je n'y arrivais pas, jusqu'Ă  avoir mal au ventre ou que quelqu'un entre dans la piĂšce. J'ai commencĂ© Ă  me faire vomir. Je pouvais faire des crises et vomir plusieurs fois par jour. J'avais tellement honte de moi. Je ne voulais pas manger, cela ne me procurait aucun plaisir mais je ne pouvais pas me contrĂŽler. Parfois, alors que j'essayais d'Ă©viter une nouvelle crise, je tournais en rond dans la cuisine, en ouvrant et fermant les placards de nourriture, encore et encore. Les crises de boulimie et les pĂ©riodes de jeĂ»ne s'alternaient. A ce moment lĂ , je pensais que jeĂ»ner Ă©tait l'unique moyen d'ĂȘtre libre. Libre de penser Ă  autre chose que ce Ă  quoi je venais de manger. Libre de penser Ă  autre chose qu'Ă  vomir le plus vite possible, quels que soient le moment et le lieu. Libre du duel "c'est bien – non c'est une honte" qui avait lieu dans ma tĂȘte presque Ă  chaque fois que je mangeais quelque chose. Libre du risque de faire une autre crise de boulimie. Libre de faire autre chose que manger et vomir. C'Ă©tait une fausse libertĂ©, encore ce faux sentiment de contrĂŽle. Ce coup-ci, plus je me restreignais, plus mon corps me demandait de la nourriture, des rĂ©serves, ce qui provoquait des crises de boulimie. Se restreindre n'est pas une solution. La nourriture est essentielle pour survivre. La guĂ©rison est essentielle pour vivre. "Fais attention Ă  tes commentaires" Quand j'ai commencĂ© Ă  reprendre du poids, j'avais l'impression de recevoir un coup Ă  chaque fois qu'une personne me disait "Tu as l'air d'aller mieux !". Pour eux, c'Ă©tait sans doute un compliment mais je le recevais comme une insulte. J'avais l'impression que c'Ă©tait une maniĂšre de me dire que j'avais gagnĂ© du poids et que c'Ă©tait flagrant. Les personnes qui souffrent de trouble du comportement alimentaire n'ont pas nĂ©cessairement l'air maigre, d'autant plus si elles sont boulimiques. Quand anorexique reprend du poids, cela ne veut pas dire qu'elle/il est Le corps n'est pas le seul qui doit guĂ©rir, l'esprit doit aussi le faire et le chemin est long. Lorsque j'essayais de me forcer Ă  manger, la pression Ă©tait encore plus forte lorsque des personnes me regardaient ou commentaient mes progrĂšs. Je me crĂ©ais dĂ©jĂ  suffisamment de pression toute seule, pas besoin d'en rajouter. Entendre "Oh, tu as mis de la sauce dans ta salade aujourd'hui !" rend juste les choses plus difficiles. S'il-te-plaĂźt, ne te moque pas du poids d' autre. N'encourage personne Ă  perdre du poids. Pour moi, les troubles du comportement alimentaire ont commencĂ© aprĂšs un rĂ©gime. Il m'a fallu plusieurs annĂ©es pour en guĂ©rir. "Tu peux en mourir" Je le savais mais je ne voulais pas y croire, jusqu'Ă  ce que mon amie meure. Elle voulait vivre mais elle Ă©tait devenue trop faible. Fais attention, vraiment. "Tu peux t'en sortir, je te le promets" Je me suis battue contre les troubles du comportement alimentaire pendant quatre ans. Je pensais que je pourrais jamais ĂȘtre guĂ©rie. Je me suis enfuie de l'hĂŽpital en pensant que je n'arriverais jamais Ă  atteindre l'objectif de poids dĂ©terminĂ© par le mĂ©decin et que je resterais donc enfermĂ©e pour le restant de mes jours. Je me suis sentie vraiment impuissante et il m'est arrivĂ© de penser Ă  mourir. Je voulais m'affamer Ă  mort pour garder cette fausse impression de contrĂŽle. J'avais l'impression que si je ne le faisais pas, si je gagnais du poids la maladie me tuerait mentalement. Je pensais que je ne comprendrais plus jamais ce que c'est de marcher sans penser aux calories brĂ»lĂ©es ; ou de manger par plaisir et non pas avec honte et Ă  cause des crises de boulimie. J'ai eu des hauts et des bas pendant quatre ans. J'ai cru que cela s'arrĂȘterait jamais. Mais ça c'est arrĂȘtĂ©. S'il-te-plaĂźt, n'abandonne jamais. Cela peut prendre du temps mais je te le promets ça vaut le coup. "N'aie pas peur de guĂ©rir" A un moment, je pensais que si je laissais l'anorexie s'en allait, je n'aurais plus aucun but. L'anorexie a occupĂ© toutes mes pensĂ©es pendant longtemps. Elle me 'guidait' et dirigeait toutes mes journĂ©es. J'avais peur de me sentir vide. Pas "vide" sans nourriture, mais sans sens, sans guide. Je n'arrivais pas Ă  me souvenir de ma vie avant la maladie. Maintenant je peux te l'affirmer il y a Ă©normĂ©ment de moyens de profiter de la vie quand on est en bonne santĂ©. Marie Verger. Une nĂ©cessaire adaptation du modĂšle de l’EHPAD Depuis quelques annĂ©es, une grande rĂ©flexion est lancĂ©e autour du fonctionnement des EHPAD. Alors que le papy-boom » approche Ă  horizon 2030, et que de plus en plus de personnes ĂągĂ©es ne veulent plus vivre dans un EHPAD sur le modĂšle actuel et souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible, une nĂ©cessaire mutation et ouverture doit rapidement ĂȘtre opĂ©rĂ©e. Dans ce droit fil, la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  l’autonomie, Brigitte Bourguignon, a annoncĂ© en juillet 2021 les prioritĂ©s gouvernementales du SĂ©gur de la santĂ© et du plan de relance pour l’investissement en s’appuyant sur la formule L’EHPAD est mort, vive l’EHPAD ». Ainsi, elle a confirmĂ© que ce plan d’investissement sera l’occasion d’une redĂ©finition globale de l’offre d’hĂ©bergement autour de 3 fondamentaux Des EHPAD plus mĂ©dicalisĂ©s avec le renforcement du soutien mĂ©dical, la crĂ©ation d’EHPAD centres de ressources » et de filiĂšres gĂ©riatriques d’ EHPAD vĂ©ritables lieux de vieDes EHPAD ouverts sur l’extĂ©rieur Une transformation profonde, pour laquelle la ministre a souhaitĂ© signer une convention liant la CNSA et la Caisse des DĂ©pĂŽts jusque 2026, qui va accompagner la stratĂ©gie des territoires, soutenir massivement la rĂ©novation du parc existant et la rĂ©alisation de nouvelles solutions d’hĂ©bergement et dĂ©velopper des solutions innovantes. Afin de rĂ©flĂ©chir Ă  des solutions Ă  mettre en place pour faire de l’EHPAD de demain un lieu plus accueillant et inclusif, oĂč chacun puisse se sentir chez soi, le Think Tank MatiĂšres Grises s’est Ă©galement astreint Ă  l’élaboration du rapport L’EHPAD du futur commence aujourd’hui, Propositions pour changement radical de modĂšle », dans lequel il donne des pistes d’actions pour opĂ©rer ce changement de modĂšle. Dans ce document de 80 pages, tout en concĂ©dant que le maintien Ă  domicile le plus longtemps possible est la solution que beaucoup privilĂ©gient aujourd’hui, et que des offres alternatives d’hĂ©bergement comme les rĂ©sidences seniors se dĂ©veloppent, les auteurs pointent en premier lieu que demain les EHPAD continueront de constituer l’offre centrale de la prise en charge des personnes les plus touchĂ©es par la perte d’autonomie notamment psychique. Les auteurs partent par ailleurs du postulat que l’EHPAD de demain devra aussi prendre en compte le fait que les futurs 85 ans et plus sont ceux qui ont vĂ©cu toute leur vie dans des logements souvent spacieux et de qualitĂ©, ainsi que la pression de l’opinion publique qui somme d’orienter autrement les EHPAD, trop souvent assimilĂ©s Ă  l’enfermement et la contrainte. DĂšs lors, il propose d’engager 3 grands chantiers. MĂ©thodologie Le rapport L’EHPAD du futur commence aujourd’hui » a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© grĂące Ă  107 auditions d’experts et spĂ©cialistes, une revue de la littĂ©rature, un recueil des positions des fĂ©dĂ©rations reprĂ©sentatives du secteur, 198 contributions Ă©crites transmises par des directeurs d’établissements, professionnels, institutions et collectivitĂ©s, ainsi qu’une consultation sous la forme de sondages auprĂšs de directeurs d’établissements, ou encore des tĂ©moignages et expertises des groupes adhĂ©rents du Think Tank. CHANTIER 1 – Du bienvenue chez nous » au bienvenue chez vous » Au commencement d’un changement de modĂšle de l’EHAPD il convient de placer la personne ĂągĂ©e au cƓur du dispositif. Si le statut des personnes ĂągĂ©es a considĂ©rablement Ă©voluĂ© au cours des derniĂšres dĂ©cennies, il devra changer encore plus radicalement d’ici 2030 pour rĂ©pondre aux aspirations des futures gĂ©nĂ©rations de rĂ©sidents. Ainsi, les maitres-mots devront ĂȘtre libre-choix, autonomie, consentement, libertĂ©, participation effective Ă  la vie de l’établissement, place des familles, respect de l’intimitĂ©, Ă©thique. De plus, le virage domiciliaire doit aussi s’appliquer Ă  l’EHPAD, et l’organisation de l’établissement doit s’adapter Ă  cette nouvelle donne Selon le rapport, plusieurs objectifs sont Ă  mettre en place pour ce faire. Voici leurs recommandations Objectif 1 Je suis en EHPAD, je suis chez moi La personne ĂągĂ©e Ă©tant chez elle, elle voudra demain vivre de façon autonome, selon ses propres rĂšgles. Ainsi, la praticitĂ© », les contraintes organisationnelles ou les normes de sĂ©curitĂ© ne seront plus des excuses valables pour imposer aux rĂ©sidents l’heure de leur toilette ou le menu de leur dĂ©jeuner, pour s’introduire dans leur domicile sans autorisation ou encore pour empĂȘcher deux rĂ©sidents de passer la nuit ensemble. La personne devra primer sur l’institution. Pour ce faire, plusieurs axes d’actions sont Ă  mettre en place À chacun son rythme La personne ĂągĂ©e devra pouvoir Se lever et se coucher quand elle le souhaiteManger quand elle a faimSolliciter de l’aide quand elle en a besoin À chacun son menu L’EHPAD devra pouvoir proposer Une alimentation plus saine, plus responsable agriculture bio, circuits courts, etc
Une alimentation plus diversifiĂ©e en laissant le choix de leur menu aux rĂ©sidents buffets, possibilitĂ© de choix entre plusieurs plats la veille, possibilitĂ© de commander partout, Ă  tout instant rendu possible par exemple avec la crĂ©ation d’un rĂ©seau de restaurants locaux labellisĂ©s ou la venue de food truck La libertĂ© avant la sĂ©curitĂ© Aujourd’hui, la culture hyper sĂ©curitaire de l’EHPAD entrave les libertĂ©s de la personne ĂągĂ©e. Demain l’établissement devra pouvoir LĂącher prise pour donner la prioritĂ© aux dĂ©sirs et Ă  la libertĂ© d’agir des rĂ©sidentsLaisser aux rĂ©sidents la libertĂ© d’aller et venirAccepter une part de risque Un lieu de vie avant d’ĂȘtre un lieu de soin Un vĂ©ritable changement de paradigme doit ĂȘtre opĂ©rĂ© Les professionnels ne travailleront pas pour l’institution mais devront ĂȘtre au service de chaque personne au sein de son domicile L’intervention soignante devra ĂȘtre plus discrĂšte Objectif 2 Un habitant citoyen plutĂŽt qu’un rĂ©sident Comme les mots ont un sens, demain il conviendra demain de parler d’habitants plutĂŽt que de rĂ©sidents, puisqu’ils seront chez eux, et de citoyens, qui voudront de plus en plus systĂ©matiquement ĂȘtre entendus et Ă©coutĂ©s. Écouter et entendre l’habitant-citoyen Demain, l’EHPAD ne devra plus faire l’impasse sur l’implication citoyenne des rĂ©sidents. Pour ce faire, l’établissement devra tout d’abord impliquer les habitants dans les dĂ©cisions de la vie de l’établissement. Par ailleurs, il conviendra de s’assurer de laisser le choix aux habitants et qu’ils puissent communiquer librement leur prĂ©fĂ©rence, leur consentement ou leur refus face Ă  ce choix. Faciliter cette expression pourra passer par exemple, pour les personnes qui en auront les capacitĂ©s, par l’utilisation d’une tablette numĂ©rique sur laquelle elles pourront choisir leur menu, voter pour le film du mercredi soir, ou encore alerter l’équipe qu’elles sont levĂ©es. Mais cette population ne reprĂ©sentera par la majoritĂ© des rĂ©sidents de l’EHPAD de 2030. L’enjeu sera donc d’identifier comment faciliter l’expression du choix des autres rĂ©sidents, ceux avec qui la communication est restreinte ou trĂšs complexe. Faire du client un roi avant d’ĂȘtre un GIR La personne devra ĂȘtre apprĂ©hendĂ©e dans toute son individualitĂ©, en se basant sur une prĂ©somption d’autonomie et de compĂ©tence et non l’inverse. Les Ă©quipes devront aussi ĂȘtre attentives aux envies, aux souhaits et aux choix de la personne. Respect total Le tutoiement, qui peut parfois apparaitre comme bienveillant ou sympathique, ne devra plus ĂȘtre subi par les personnes ĂągĂ©es sans leur autorisation expresse. Idem pour le ton de la voix qui se veut parfois protecteur et qui est en rĂ©alitĂ© totalement infantilisant. Objectif 3 Donner toute sa place Ă  la famille Familles et habitants, seuls maĂźtres de leur relation L’EHPAD de demain ne pourra plus appliquer des rĂšgles aussi dĂ©rogatoires que l’interdiction des visites des familles. Ce qui s’est passĂ© en 2020 ne sera pas acceptable ni pour les personnes ĂągĂ©es ni pour leurs proches, ni pour les professionnels qui les accompagnent demain, nul ne pourra retirer Ă  une famille son droit de visite. Plus loin, familles et rĂ©sidents devront pouvoir se voir quand ils le voudront, par exemple grĂące Ă  la mise en place de digicodes Ă  l’entrĂ©e de l’établissement, ou de systĂšme d’inscription en ligne pour les visites. Dans ce droit fil, les Ă©tablissements devront se montrer agile pour faciliter et encourager la venue des familles Les familles, protagonistes de la vie de l’EHPAD Au-delĂ  de leur impact sur le bien-ĂȘtre de leurs proches, les familles jouent aussi, pour certaines prĂ©sentes quotidiennement, une place d’aidant bĂ©nĂ©vole non nĂ©gligeable. Une ressource qu’il convient donc d’encourager Ă  s’investir. Pour un EHPAD, les familles jouent aussi le rĂŽle de prescripteur voire de payeur. Aussi pour ne pas les limiter Ă  leur rĂŽle de visiteur, il conviendra de nĂ©cessitĂ© de les associer de façon encore plus importante aux prises de dĂ©cision en rĂ©novant le CVS, mais Ă©galement Ă  travers l’organisation d’ateliers collaboratifs, la crĂ©ation d’espaces semi-collectifs plus intimes ou encore l’ouverture des horaires de l’établissement. Objectif 4 des lieux de vie ouverts sur leur environnement, ancrĂ©s dans leur territoire L’obsession du risque zĂ©ro a eu tendance parfois Ă  se traduire par une bunkĂ©risation des Ă©tablissements. Or l’ouverture des Ă©tablissements est sans conteste un Ă©lĂ©ment de vie sociale renforcĂ©e pour les rĂ©sidents. Pour ce faire, les leviers d’actions pour multiplier les interactions peuvent ĂȘtre multiples faire rentrer dans l’EHPAD des intervenants extĂ©rieurs, permettre aux rĂ©sidents de se voir proposer des activitĂ©s extĂ©rieures
 Cela peut notamment passer par La crĂ©ation de liens entre chaque EHPAD et une Ă©cole primaire ou un collĂšge ;Le jumelage de chaque EHPAD avec un club sportif local en lui permettant par exemple un entrainement dans le parc, de prendre les repas d’aprĂšs match restaurant de l’EHPAD ou encore d’animer des activitĂ©s physiques adaptĂ©es ;Le positionnement de l’EHPAD comme lieu d’accueil de la vie associative et de diffusion culturelle, les associations Ă©tant souvent Ă  la recherche de lieux pour rĂ©aliser leurs activitĂ©s, ou proposer des confĂ©rences. Mais l’EHPAD peut aussi demain devenir un lieu de convivialitĂ© et de services au bĂ©nĂ©fice de la population locale grĂące À son restaurant qui pourrait accueillir des convives extĂ©rieursÀ son accueil qui pourrait ĂȘtre un point relais pour les colisÀ l’installation de la tĂ©lĂ©mĂ©decineÀ l’organisation d’activitĂ©s sportives adaptĂ©es CHANTIER 2 REPENSER L’ARCHITECTURE ET LES ESPACES Objectif 1 Des logements plutĂŽt que des chambres Aujourd’hui, l’agencement des espaces en EHPAD reste trĂšs proche de celui des hĂŽpitaux. Afin de casser cette image, l’EHPAD de 2030 ne devra plus ĂȘtre constituĂ© de chambres, mais de logements. Pour ce faire, il convient de Repenser la place du lit qui ne doit plus ĂȘtre au centre de la piĂšce, et rĂ©sumer le logement de la personne ;Pouvoir rendre le logement personnalisable en laissant les personnes venir avec leurs meubles dans la limite de l’espace disponible, et mĂȘme en allant jusqu’à proposer de choisir la couleur des murs du logement ;Proposer des tailles, des formes et donc des tarifs diffĂ©rents pour les logements ;Installer des sonnettes et des boĂźtes aux lettres Ă  l’entrĂ©e de chaque logement ;Augmenter les surfaces privatives en passant au minimum Ă  26m2, avec pour objectif 30m2. Objectif 2 S’approcher de l’ambiance comme Ă  la maison Si l’EHPAD ne pourra jamais remplacer la maison dans laquelle la personne vivait auparavant, rien n’empĂȘche de tout faire pour que ce lieu crĂ©er les conditions d’un accueil le plus confortable possible et une atmosphĂšre la plus domestiquĂ©e possible. Cela passe par exemple par Un travail autour de la lumiĂšre qui doit viser Ă  Favoriser l’arrivĂ©e de la lumiĂšre naturelle, Proscrire les faux plafonds hospitaliers, Multiplier les petites sources de lumiĂšre artificielle Un travail sur les matiĂšres des sols et murs qui Ne peuvent plus ĂȘtre pensĂ©s uniquement de façon pratique Permette de s’autoriser du beau pour donner un aspect plus domestique Objectif 3 Et si le collectif laissait la place au semi-collectif ? Demain, la vie en grande collectivitĂ© ne devra plus s’imposer Ă  tous et partout. Ainsi, les mots d’ordre de l’EHPAD de 2030 devront ĂȘtre segmentation » et diversification ». Le semi-collectif, la modularitĂ© ou encore la diversification des ambiances devront peu Ă  peu devenir la norme. Finie la salle Ă  manger pour 100 personnes Afin de privilĂ©gier le semi-collectif, l’établissement devra favoriser les petites salles Ă  manger et petits salons. La segmentation des salles pourra ĂȘtre rendue possible, par exemple grĂące Ă  des parois amovibles qui laisseront la possibilitĂ© d’organiser parfois de plus grands rassemblements. Diversification des lieux et des ambiances La diversitĂ© des ambiances devra aussi concerner les couloirs afin d’y rendre la circulation moins ennuyeuse. Pour ce faire, l’établissement pourra y installer de vieux meubles afin de les Ă©quiper comme une grande rĂ©sidence familiale. Ces espaces de circulation pourront ainsi devenir des lieux de vie et crĂ©er un pallier d’intimitĂ© entre l’espace hyper collectif et le logement privatif. GrĂące Ă  la mise en place de parois amovibles, les bĂątiments pourront aussi ĂȘtre flexibilisĂ©s pour assurer leur ouverture vers l’extĂ©rieur. Si l’on dispose d’une multitude d’espaces distincts, il sera en effet plus facile d’oser installer des choses au sein de l’EHPAD installation d’espace de coworking, de pop-up store, ou encore de galeries, en sont quelques exemples. CrĂ©er des quartiers Ă  la place de chaque unitĂ© Afin de sortir de la dynamique institutionnelle de l’unitĂ©, les EHPAD pourront demain mettre en place des quartiers qui fonctionneront de façon autonome sur toutes les dimensions de l’accompagnement. Chaque quartier sera ainsi Ă©quipĂ© comme s’il Ă©tait le cƓur de l’EHPAD place du village, espace collation, kiosque Ă  journaux, bancs devant les logements y seront installĂ©s. Ce fonctionnement proposera aux rĂ©sidents une vie sociale en plus petite communautĂ© et l’impression d’habiter son propre immeuble. Dans ce droit fil, il convient aussi de crĂ©er des entrĂ©es distinctes dans l’EHPAD pour les habitants d’une part, et les visiteurs d’autre part. Objectif 4 Le soin, hors de ma vue Demain, les EHPAD devront planquer le soin qu’on ne veut plus voir car il Ă©voque la mĂ©dicalisation et la dĂ©pendance. Il ne s’agit pas de nier le soin dont ont besoin les rĂ©sidents, mais de ne plus le voir primer partout, tout le temps. Pour ce faire, les Ă©tablissements devront imaginer une dissociation physique de la partie habitation et de la partie services, en pensant les espaces professionnels Ă  proximitĂ© mais en dehors des espaces de vie des rĂ©sidents. Objectif 5 L’EHPAD au cƓur de la sociĂ©tĂ© et de ses dĂ©fis Ne plus vivre cachĂ© Afin de rĂ©pondre aux attentes de leurs habitants, les nouveaux EHPAD devront s’implanter stratĂ©giquement pour pouvoir s’ouvrir sur la vie de leur quartier. Mais au-delĂ , l’EHPAD de 2030 devra aussi faire entrer la vie installation d’espace de co-working, de boutique Ă©phĂ©mĂšre, de galerie, d’espace de vente de produits locaux, ou encore de bibliothĂšque
 Chacun devra rĂ©flĂ©chir pour construire les tiers-lieux de demain. Surfer sur l’opportunitĂ© numĂ©rique Si le numĂ©rique est aujourd’hui comme un dĂ©fi par les EHPAD, il sera demain source de nombreux atouts. Ainsi, les Ă©tablissements doivent dĂšs maintenant surfer sur l’opportunitĂ© qui leur est offerte au travers le plan numĂ©rique pour les Ă©tablissements sociaux et mĂ©dico-sociaux qui prĂ©voit une aide Ă  hauteur de 600 millions d’euros pour les Ă©quiper. Tablettes et Internet seront en effet les objets du quotidien des rĂ©sidents de 2030, et il est donc indispensable de flĂ©cher utilement les crĂ©dits prĂ©vus au plan ESMS numĂ©rique, et de travailler sur la sĂ©curisation des donnĂ©es. Des EHPAD plus verts La sociĂ©tĂ© et les rĂ©sidents de demain auront de fortes attentes sur la question Ă©cologique. Les Ă©tablissements doivent donc dĂšs maintenant agir sur les questions environnementales, notamment Ă  travers leur bĂąti. D’autant que la loi ELAN impose des objectifs ambitieux de rĂ©duction de la consommation d’énergie des ESMS Ă  horizon 2030. Le secteur doit donc ĂȘtre prĂȘt Ă  cette rĂ©volution verte, notamment grĂące Ă  la formation des directeurs. Le Think Tank propose aussi dans son rapport la crĂ©ation d’un plan national ESMS Ecologie 2030 », qui sera en mesure d’accompagner les opĂ©rateurs dans la transition Ă©cologique, en les transformant en vĂ©ritables acteurs de cette rĂ©volution. CHANTIER 3 RENDRE POSSIBLE L’EHPAD PLATEFORME Les innovations sĂ©mantiques ont fleuri ces derniĂšres annĂ©es pour dĂ©crire des formules de dĂ©passement de l’EHPD classique. Celui-ci pourra ĂȘtre demain EHPAD plateforme, EHPAD hors les murs, EHPAD Ă  domicile, pĂŽle de services gĂ©rontologiques
 Des dispositifs qui ont Ă©clos sous les rĂ©gimes juridiques et financiers dĂ©rogatoires, notamment celui de l’article 51 de la LFSS de 2018. Mais au-delĂ  de ces innovations, le Think Tank MatiĂšres Grises appelle dans la derniĂšre partie de son rapport L’EHPAD du futur » Ă  un bouleversement radical en plaidant pour un EHPAD plateforme. L’EHPAD possĂšde en effet de nombreuses aubaines pour devenir un vĂ©ritable centre de ressources territorial pour un public bien plus vaste que ses rĂ©sidents. Il est ainsi tout d’abord un espace qui peut accueillir des activitĂ©s provenant de l’extĂ©rieur, mais offre de la restauration ou encore des activitĂ©s d’animation qui peuvent ĂȘtre ouvertes Ă  une pluralitĂ© d’habitants. Par ailleurs, l’EHPAD doit aussi ĂȘtre apprĂ©hendĂ© comme un atout territorial, jusqu’ici insuffisamment pris en compte dans la bataille contre le dĂ©sert mĂ©dicaux. Ainsi, si la France doit se doter de maisons de santĂ© pluridisciplinaires, elle doit aussi pouvoir s’appuyer sur le vaste rĂ©seau d’EHPAD qui peut, notamment en milieu rural, servir d’appui Ă  la dispensation de soins. Enfin, le rapport appelle Ă  mettre fin Ă  l’étanchĂ©itĂ© qui persiste depuis des dĂ©cennies entre l’aide Ă  domicile et les EHPAD, qui ont le mĂȘme objectif commun prendre en charge les personnes ĂągĂ©es devenues fragiles. L’EHPAD plateforme a ainsi pour objectif de sortir de cette offre binaire et de coordonner les services existants en portant un vaste bouquet de services relevant du soin, de l’aide, de l’accompagnement, de la nutrition, de la prĂ©vention ou encore de la mobilitĂ©, qui seront accessibles aussi bien aux rĂ©sidents qu’aux personnes ĂągĂ©es demeurant Ă  domicile. En rĂ©sumĂ©, l’EHPAD doit ainsi devenir Une plateforme IN qui consistera Ă  le transformer en pĂŽle ressources pour les personnes ĂągĂ©es du territoire qui convergeraient vers ce lieuUne plateforme OUT qui visera Ă  capitaliser sur son expertise pour dĂ©ployer ses services sur le territoire au-delĂ  de ses murs et d’aller ainsi jusqu’aux domiciles des personnes ĂągĂ©es qui ont besoin d’ĂȘtre accompagnĂ©es chez elle Pour en savoir +

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