Jai voulu dĂ©crire en vĂ©ritĂ© la condition de ces parias et la maniĂšre dont ils la vivent, jâai voulu faire entendre leur voix ; on sera obligĂ© de reconnaĂźtre que câest une voix humaine. 22 Ă lâinstar de Simone de Beauvoir, je voudrais dans mon film donner la parole Ă ceux qui sont vieux et la donner Ă entendre, ĂȘtre dans la mĂ©diation comme souvent en cinĂ©ma
Lavoix des premiers concernĂ©s, rĂ©sidents dâEHPAD et proches, doit ĂȘtre portĂ©e mais surtout entendue. La souffrance des soignants dâEHPAD, ainsi que celle de leurs cadres Ă©galement.
Cettedisposition permet que ce soit une personne accueillie qui fixe les ordres du jour et signe les comptes-rendus des rĂ©unions, mĂȘme si son Ăąge ou ses handicaps le
Celuici doit obligatoirement faire connaitre aux membres du conseil de la vie sociale les suites, favorables ou défavorables, qu'il entend réserver aux avis et aux propositions formulés. Est élu le candidat ayant obtenu le plus grand nombre de voix et, en cas d'égalité, un tirage au sort est effectué. Le président est élu parmi les
létalissement pour faire entendre la voix des usagers et veiller au respect de leurs droits. cvs-ehpad@ fonctionnement du Conseil de la Vie sociale Le Conseil de la vie sociale se réunit au moins trois fois/ an et autant de fois que cela est nécessaire sur convocation de son président ou sur la ou sur demande du Directeur de la structure. Le
dJGwt9. Ce point est plusieurs fois Ă©voquĂ© lors de rĂ©unions Inter CVS. La loi de 2002 a prĂ©vu, un collĂšge spĂ©cifique pour la reprĂ©sentation du personnel au sein du CVS. Leur prĂ©sence Ă cotĂ© de la reprĂ©sentation des rĂ©sidents, des familles et de lâorganisme de la direction est nĂ©cessaire. Cela leur permet dâentendre et de comprendre les remarques et propositions des usagers pour le bon fonctionnement de lâ ils peuvent Ă©mettre leurs avis et propres observations sur les points de vue des usagers. Certes, leur posture, nâest pas toujours Ă©vidente, car la CVS nâest pas une instance de dĂ©fense et de reprĂ©sentation du personnel, ni un lieu d'Ă©changes sur leurs pratiques professionnelles en tant que telles et de ce fait ils peuvent ĂȘtre parfois en porte Ă faux » entre leur avis et celui des autres membres du plus, lâhoraire de la rĂ©union du CVS et la charge de travail, si leur absence nâa pas Ă©tĂ© organisĂ©e, ne facilite pas leur participation. Le prĂ©sident du CVS doit intervenir auprĂšs de la direction pour faciliter leur est que les reprĂ©sentants du personnel et les reprĂ©sentants des rĂ©sidents et des familles puissent se connaĂźtre et sâapprĂ©cier par le dialogue au sein du CVS. Une reconnaissance de leurs compĂ©tences et de bonnes conditions de travail contribuent au bien- ĂȘtre et Ă la bientraitance des Comme pour les reprĂ©sentants des rĂ©sidents et des familles, ils peuvent Ă©mettre un avis et voter lorsque cela s'avĂšre nĂ©cessaire
Un Ă©tablissement ou un service Vous ĂÂȘtes un professionnel du secteurĂ ? Qui est la FNAQPA par rapport Ă vousĂ ? LA FNAQPA et le dĂ©veloppement des savoirs, du savoir-faire, du savoir-ĂÂȘtre Que ce soit en Ă©tablissement au domicile, la qualitĂ© de vie des personnes ĂÂągĂ©es est au coeur des prĂ©occupations de la FNAQPA, FĂ©dĂ©ration Nationale Avenir et QualitĂ© de vie des Personnes ĂÂgĂ©es. La qualitĂ© de leur accompagnement dĂ©pend naturellement des aidants, qu'ils soient familiaux ou professionnels. C'est prĂ©cisĂ©ment Ă ce titre que la FNAQPA, grĂÂące Ă son dĂ©partement formation GERONFOR, assure la formation et la montĂ©e en compĂ©tence des professionnels du secteur, qui travaillent au domicile ou en Ă©tablissement. La dĂ©marche de formation continue, des Ă©quipes de soins, de direction, des services gĂ©nĂ©raux, contribue Ă mieux apprĂ©hender l'Ă©volution rapide du secteur. Cette Ă©volution modifie mĂ©caniquement les mĂ©tiers, les approches, les pratiques et les Ă Ă Une fĂ©dĂ©ration impliquĂ©e au coeur des mĂ©tiers La FNAQPA siĂšge au Conseil d'Administration de l'Agence Nationale de l'ĂÂvaluation et de la qualitĂ© des Ă©tablissements et services Sociaux et MĂ©dico-sociaux ANESM et la directrice QualitĂ© de Vie Ă la FNAQPA est actuellement PrĂ©sidente de la section Personnes ĂÂgĂ©es du ComitĂ© d'Orientation StratĂ©gique COS. Les missions de l'ANESM sont directement issues des obligations faites aux ĂÂtablissement et Services Sociaux et MĂ©dico-Sociaux ESSMSĂ qui sont tenus de mettre en place une Ă©valuation en continu de leurs activitĂ©s et de la qualitĂ© des prestations qu'ils dĂ©livrent. Les Ă©valuations se conduisent, selon l'article L 312-8 du Code d'Action Sociale et des Familles CASF, notamment au regard des procĂ©dures, rĂ©fĂ©rences et recommandations de bonnes pratiques validĂ©es ou Ă©laborĂ©es par l'Agence. C'est ainsi que la FNAQPA, grĂÂące Ă son expertise terrain et sa connaissance des institutions administratives et politiques, contribue largement Ă la professionnalisation du secteur de la maniĂšre la plus adaptĂ©e, et ce de deux maniĂšresĂ son dĂ©partement de formation GERONFOR, mais Ă©galement grĂÂące Ă l'intervention de la sociĂ©tĂ© GERONTIM, la filiale conseil de la FNAQPA. Les consultants du cabinet de conseil et du bureau d'Ă©tudes accompagnent les Ă©tablissements et leurs Ă©quipes dans l'Ă©laboration de leurs projets d'Ă©tablissement, projets de soins, projets de vie et projets architecturaux. Pour une mission d'avenir professionnel La FNAQPA est une fĂ©dĂ©ration Ă laquelle adhĂšrent des gestionnaires d'Ă©tablissements et services pour personnes ĂÂągĂ©es, Ă but non lucratif uniquement. La mission de la FNAQPA est de dĂ©fendre leurs intĂ©rĂÂȘts en ce qu'ils sont directement ou indirectement liĂ©s Ă la qualitĂ© de l'accompagnement et de la vie des personnes ĂÂągĂ© La vie de la FNAQPA est donc organisĂ©e autour de deux missions principales. La reprĂ©sentation de ses adhĂ©rents au niveau nationale, ainsi que la formation des professionnels grĂÂące Ă son dĂ©partement GERONFOR. L'accompagnement des professionnels s'effectuent Ă©galement grĂÂące Ă l'intervention de la sociĂ©tĂ© GERONTIM, la filiale conseil de la FNAQPA. Les consultants du cabinet de conseil et du bureau d'Ă©tude accompagnent professionnels dans l'Ă©laboration de leurs projets d'Ă©tablissement, projet de soins, projets de vie et projets architecturaux. Finalement, c'est Ă travers la formation et l'accompagnement des professionnels, que les missions de la FNAQPA vont dans le sens de l'amĂ©lioration continue de la qualitĂ© de l'accompagnement et de la vie de nos aĂnĂ©s. Une famille ou un aidant Qui est la FNAQPA par rapport Ă vousĂ ? L'usager au coeur d'un dispositif ouvert Que ce soit en Ă©tablissement ou au domicile, la qualitĂ© de vie des personnes ĂÂągĂ©es est au coeur des prĂ©occupations de la FNAQPA, FĂ©dĂ©ration Nationale Avenir et QualitĂ© de vie des Personnes ĂÂgĂ©es. La qualitĂ© de leur accompagnement doit bien entendu prendre en compte les aidants, qu'ils soient familiaux ou professionnels. C'est pour cette raison que le GERONFORUM organisĂ© chaque annĂ©e par la FNAQPA, est un temps d'Ă©change avec tous les acteurs politiques et de terrain, et est notamment ouvert aux rĂ©sidents et aux familles. Il est d'ailleurs prĂ©sidĂ© chaque annĂ©e par un rĂ©siden. les trois derniĂšres Ă©ditions ayant Ă©tĂ© notamment prĂ©sidĂ©e par Marie PERRET, prĂ©sidente de l'association LibertĂ© du RĂ©sident en Institution LRI, siĂ©geant Ă©galement au Conseil d'Administration de la FNAQPA. Cette ouverture naturelle est Ă l'image du Conseil de la Vie Sociale CVS devant se tenir dans chaque Ă©tablissement, offrant ainsi un espace de parole aux usagers. Une fĂ©dĂ©ration humaniste et solidaire La FNAQPA siĂšge au Conseil d'administration de la Caisse Nationale de SolidaritĂ© et de l'Autonomie CNSA. Cette entitĂ© indĂ©pendante a Ă©tĂ© mise en place en 2004 Ă la suite de la canicule de 2003. S'en suivra dans la mĂÂȘme annĂ©e, la mise en place de la journĂ©e de solidaritĂ© pour les personnes ĂÂągĂ©es et handicapĂ©es, le jour de la PentecĂÂŽte, afin de lever un fond solidaire pour l'autonomie collectĂ© par la CNSA. C'est dans ce contexte que la FNAQPA, chaque annĂ©e depuis lors, rend cette journĂ©e de solidaritĂ© en faisant participer ses salariĂ©s Ă une journĂ©e de rĂ©flexion dans le but de dĂ©finir les actions solidaires et volontaires menĂ©es par les salariĂ©s de la FNAQPA auprĂšs de rĂ©sidents. Pour une mission d'avenir gĂ©nĂ©rationnel La FNAQPA est une fĂ©dĂ©ration Ă laquelle adhĂšrent des gestionnaires d'Ă©tablissements et services pour personnes ĂÂągĂ©es, Ă but non lucratif uniquement. La mission de la FNAQPA est de dĂ©fendre leurs intĂ©rĂÂȘts en ce qu'ils sont directement ou indirectement liĂ©s Ă la qualitĂ© de l'accompagnement et de la vie des personnes ĂÂągĂ© La vie de la FNAQPA est donc organisĂ©e autour de deux missions principales. La reprĂ©sentation de ses adhĂ©rents au niveau national, ainsi que la formation des professionnels grĂÂące Ă son dĂ©partement GERONFOR. L'accompagnement des professionnels s'effectuent Ă©galement grĂÂące Ă l'intervention de la sociĂ©tĂ© GERONTIM, la filiale conseil de la FNAQPA. Les consultants du cabinet de conseil et du bureau d'Ă©tude accompagnent les Ă©tablissements dans l'Ă©laboration de leurs projets d'Ă©tablissement, projet de soins, projets de vie et projets architecturaux. Finalement, c'est donc Ă travers la reprĂ©sentation des gestionnaires et l'accompagnement des professionnels, que les missions de la FNAQPA vont dans le sens de l'amĂ©lioration continue de la qualitĂ© de l'accompagnement et de la qualitĂ© de vie de nos aĂnĂ©s. Ă Ă Ă
Il arrive que lâon entende une voix dans son rĂȘve, or celle-ci vient de son intĂ©rieur, mais dâoĂč exactement ? Entendre une voix dans son rĂȘve Parfois, dans un rĂȘve, une voix commente ce que lâon est en train de faire. On a lâimpression Ă la fois dâĂȘtre acteur du rĂȘve, de commenter les actions auxquelles on participe, ou de les voir simultanĂ©ment avec du recul. Il y a alors une dissociation entre les images, la façon de les percevoir. Fonctionnement du cerveau Pour comprendre cette particularitĂ©, il faut savoir que lorsque lâon fait quelque-chose, il y a deux mĂ©canismes psychiques qui se dĂ©roulent simultanĂ©ment dans notre cerveau un mĂ©canisme qui est Ă lâorigine de lâaction, un autre qui assure le sujet que câest bien lui qui rĂ©alise cette action. Câest ce fonctionnement rĂ©flexif qui explique, parfois, un Ă©cart entre lâaction et la voix qui commente lâaction rĂ©alisĂ©e. Ainsi, si lâon prend pour exemple "manger une pomme" pour le premier mĂ©canisme dĂ©crit "lâimage" est la mĂȘme que ce soit le sujet ou son voisin qui mange la pomme, le second mĂ©canisme permet de savoir qui fait quoi ou bien il assure le sujet que câest bien lui qui mange la pomme, ou bien il lui indique que ce nâest pas lui et donc que câest le voisin. Une distorsion de ces mĂ©canismes sâobserve dans certaines maladies psychiques, le sujet ayant lâimpression quâune voix commente les actions qui se dĂ©roulent autour de lui. La voix du rĂȘve Dans un rĂȘve, il arrive frĂ©quemment que la perception que lâon retient de notre fonctionnement psychique aboutisse Ă lâinterprĂ©tation quâune voix sâadressait Ă nous durant ce rĂȘve. Par lĂ , il faut comprendre quâaucune voix ne sâest exprimĂ©e durant la nuit, mais que lâon a associĂ© Ă une voix extĂ©rieure le double mĂ©canisme prĂ©cĂ©demment dĂ©crit et qui a pu ĂȘtre perçu de façon dissociĂ©e. Cette voix, câĂ©tait la nĂŽtre qui nous disait ce que nous Ă©tions en train de faire, dâoĂč cette impression que le rĂȘve est commentĂ© en direct. Mais cette voix intĂ©rieure est aussi celle qui peut dire ce qui vient de nous, ce qui vient de lâautre, or cette distinction primordiale entre soi et les autres est dâune richesse Ă©tonnante. En effet, dans un couple par exemple, quâest-ce qui vient de lâun induit par le comportement de lâautre, ses messages inconscients, ses attentes..., quâest-ce qui vient de lâautre ? Recherchez "Entendre une voix" sur l'ensemble des rĂȘves interprĂ©tĂ©s sur ce site
Marie a luttĂ© pendant quatre ans contre ses troubles du comportement alimentaire. Dans cette lettre ouverte, elle a voulu retranscrire tout ce qu'elle aurait eu besoin d'entendre lorsqu'elle Ă©tait malade. Car non, l'anorexie et la boulimie ne sont pas des "caprices de petite fille qui refuse de manger". Jusqu'Ă ce que je tombe moi-mĂȘme malade, je pensais que les troubles du comportement alimentaire n'arrivaient qu'aux autres. Puis, j'ai pensĂ© que je ne pourrais jamais guĂ©rir. L'une de mes amies est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă 20 ans suite Ă des complications liĂ©es Ă cette maladie. J'ai vu des patientes se faire rĂ©-hospitalisĂ©es de nombreuses fois et lu de nombreux tĂ©moignages Ă propos de personnes qui n'ont jamais pu guĂ©rir. A ce moment-lĂ , j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© qu'on me crie "Oui, c'est possible, tu peux t'en sortir !". Maintenant, c'est Ă mon tour de crier cette phrase aux malades. Je veux leur faire comprendre qu'elles/ils ne sont pas fous, comme je pensais l'ĂȘtre avant de rencontrer d'autres patientes. Cette lettre ouverte est Ă©galement Ă destination de tous ceux qui voient l'anorexie comme un "caprice de petite fille qui refuse de manger." "S'il-te-plaĂźt, prends soin de toi et de ton entourage" On ne rĂ©alise pas immĂ©diatement qu'on est malade lorsqu'on commence Ă plonger dans l'anorexie. On a parfois besoin de beaucoup de temps et de l'aide de notre entourage. Durant plusieurs longs mois, je me suis prise la tĂȘte avec mes parents. Ils insistaient, ils me disaient que j'avais un problĂšme et que j'avais besoin d'ĂȘtre aidĂ©e. Je rĂ©pĂ©tais que j'avais le contrĂŽle. J'y croyais vraiment. Je voulais perdre du poids et je le faisais. Un jour, mes parents m'ont proposĂ© un deal "Si tu peux faire tout ce que tu veux, prouve-nous que tu peux reprendre du poids et on te laissera tranquille." Cela n'a pas marchĂ© comme je pensais. En rĂ©alitĂ©, je n'avais en rĂ©alitĂ© aucun contrĂŽle sur mon corps. C'Ă©tait plutĂŽt ce contrĂŽle qui me possĂ©dait. Si tu vois quelqu'un s'enfoncer dans les troubles du comportement alimentaire, s'il-te-plaĂźt, aide-le Ă ouvrir les yeux. Les mĂ©decins ont dit Ă mes parents que j'avais eu de la chance qu'ils l'aient remarquĂ© assez tĂŽt. Plus tĂŽt on commence Ă prendre en charge la maladie, plus on a de chances de s'en sortir. Ăvidemment, il est impossible de commencer Ă se battre contre la maladie en Ă©tant persuadĂ© d'ĂȘtre et d'avoir tout sous contrĂŽle. "Le problĂšme n'est pas ton poids" Moins je mangeais, plus j'Ă©tais dĂ©goĂ»tĂ©e par la nourriture et par son odeur. Plus je perdais de poids, plus j'avais besoin de perdre de poids. Ce n'Ă©tait jamais assez. Je me sentais toujours trop grosse. Lorsque j'atteignais mon objectif de poids, je m'en fixais immĂ©diatement un nouveau, toujours plus bas. Je pinçais mon corps, Ă la recherche de la moindre trace de gras. Cela ne s'arrĂȘtait plus il est impossible d'atteindre un objectif qui Ă©volue en permanence. Se figurer ce paradoxe est trĂšs compliquĂ© lorsqu'on est malade. Mais une fois que tu l'as compris, tu peux enfin rĂ©aliser que le problĂšme n'est pas ton poids mais ta maladie mentale. "Ne me dis pas que je n'"avais qu'Ă manger"" Je sais que certaines personnes en sont persuadĂ©es. Ăa m'horripile. S'"il suffisait de manger", je suppose qu'on serait nombreuses et nombreux Ă l'avoir fait avant d'ĂȘtre ou avant de mourir. Il n'y a pas que la nourriture qui est en jeu, il y a aussi la haine de soi. J'avais l'impression d'avoir constamment deux voix dans ma tĂȘte. Une m'affirmait que je devais stopper cette maladie, l'autre m'y enfonçait encore plus. J'avais froid tout le temps, j'avais mal au ventre, j'ai arrĂȘtĂ© d'avoir mes rĂšgles, j'ai perdu beaucoup de cheveux, j'avais des crampes et la tĂȘte qui tourne. Mais le pire se passait dans ma tĂȘte. Quand je sentais que mon corps Ă©tait faible, une partie de moi me disait "C'est bien, ça veut dire que tu le pousses Ă bout". Lorsque je me forçais Ă manger, une voix m'encourageait parfois "C'est bien tu te rapproches de la guĂ©rison". Une autre me rĂ©pĂ©tait "Tu es dĂ©goĂ»tante, tu devrais avoir honte, tu t'Ă©loignes de ton objectif. Ton objectif est de perdre du poids !" Je recherchais un moyen d'Ă©liminer les calories en mĂȘme temps que je les ingurgitais. Je pensais que j'Ă©tais folle en me battant contre moi-mĂȘme, avec ces deux voix incompatibles dans ma tĂȘte. Il m'arrivait de ne plus savoir contre quoi et pour quoi je me battais. J'avais le sentiment que si mon corps avait assez d'Ă©nergie pour ĂȘtre en bonne santĂ©, cela rendrait mon esprit encore plus malade, malade de honte. Comme si mon corps et mon esprit Ă©taient deux entitĂ©s complĂštement distinctes et qu'elles ne pourraient jamais se sentir bien en mĂȘme temps. J'avais honte de mon corps. Si je gagnais du poids, je me sentais imprĂ©sentable. AprĂšs avoir rĂ©ussi Ă manger, ne serait-ce qu'un peu, je ne pouvais penser Ă rien d'autre que ce que je venais d'avaler, comment je devais le dĂ©penser et Ă ces sentiments de dĂ©goĂ»t et de haine envers moi-mĂȘme. Cela prenait toute la place dans mon esprit. Quand tu es en colĂšre contre une personne, tu as la possibilitĂ© de la confronter pour extĂ©rioriser, ou du moins de limiter le contact. Le problĂšme quand tu te hais est que tu ne peux pas t'Ă©chapper de toi-mĂȘme. Je dĂ©testais mon corps et j'Ă©tais bloquĂ©e Ă l'intĂ©rieur de celui-ci. "Ce n'est pas toi qui as le contrĂŽle" La maladie me poussait Ă "garder le contrĂŽle sur mon corps", mais en rĂ©alitĂ© je n'en avais aucun. Lorsque je gagnais un peu de poids, mĂȘme si ce n'Ă©taient que quelques grammes, mes ongles s'enfonçaient dans ma peau et mes jambes s'agitaient frĂ©nĂ©tiquement, comme si elles voulaient s'Ă©loigner de mon corps. Je ne pouvais pas penser Ă autre chose qu'Ă mon poids, comment perdre des calories, les excuses que j'allais utiliser pour sauter les repas, le poids qui s'afficherait sur la balance la prochaine fois que je monterai dessus. Je faisais des cauchemars Ă propos de la nourriture. Le matin, le chiffre affichĂ© sur la balance dĂ©terminait l'ensemble de ma journĂ©e. Exemples parmi tant d'autres je ne m'asseyais dans le couloir avec les autres Ă©lĂšves car rester debout me permettait de brĂ»ler plus de calories. Je refusais de sortir avec mes car je savais qu'Ă un moment de la journĂ©e, ils allaient vouloir manger. La maladie ne faisait pas partie de ma vie, la maladie Ă©tait ma vie. Si tu as vraiment le contrĂŽle, tu devrais ĂȘtre capable de vivre sans tout calculer par rapport Ă ton poids. "L'anorexie te ment" Quand des personnes me touchaient, mĂȘme pour quelques secondes, je me demandais, inquiĂšte "Est-ce qu'ils ont senti mon gras ?". J'avais peur qu'on me regarde, j'avais honte. Je pensais qu'ils examinaient Ă quel point j'Ă©tais grosse. Maintenant je comprends que c'Ă©tait le contrĂŽle ils me regardaient parce que j'Ă©tais anormalement maigre. "L'hĂŽpital craint mais peut aussi te sauver" J'ai Ă©tĂ© hospitalisĂ©e contre mon grĂ© dans un centre spĂ©cialisĂ© dans le traitement des troubles de conduite alimentaires Je me suis enfuie au bout d'un mois. Je ne pouvais ni voir ni parler avec ma famille ou mes Les ont pris mon tĂ©lĂ©phone. Je pouvais Ă©crire des lettres, mais pas en recevoir. Je ne pouvais pas jouer de la musique, je ne pouvais pas sortir. Ils m'ont mĂȘme confisquĂ© mes livres scolaires. Tout Ă©tait liĂ© au contrat de poids dĂ©terminĂ© par le mĂ©decin. Les me posaient Ă©normĂ©ment de questions. J'avais l'impression qu'en plus de me changer physiquement, ils cherchaient Ă me changer psychologiquement. Ils voulaient me donner des mĂ©dicaments pour m'aider Ă me dĂ©tendre. Je refusais, pensant qu'ils voulaient me shooter. C'Ă©tait la pire pĂ©riode de ma vie. Cependant, certaines personnes, hospitalisĂ©es au mĂȘme endroit que moi, affirment que sans cet endroit, elles ne seraient probablement plus en vie. Quant Ă moi, j'avais si peur d'y retourner que cela m'a motivĂ©e pour guĂ©rir. "Tu n'es pas Pour mes proches qui ne souffraient pas de troubles de comportement alimentaire, il Ă©tait extrĂȘmement compliquĂ© d'arriver Ă me comprendre. A l'hĂŽpital, j'ai vu d'autres malades. J'ai finalement rencontrĂ© des personnes qui me comprenaient. C'Ă©tait la confirmation que je n'Ă©tais ni seule, ni folle. Avec certaines on s'est promis qu'on serait toujours lĂ les unes pour les autres. "Toujours" est un bien grand mot, mais dans ma tĂȘte je ne voyais pas d'autres possibilitĂ©s. Leur courage me boostait. Parfois, je me disais "Elles essaient trĂšs fort de s'en sortir, je ne devrais pas abandonner. Si je peux m'en sortir, je vais le faire." "Prends la boulimie au sĂ©rieux" Globalement, les gens semblent ĂȘtre plus informĂ©s au sujet de l'anorexie que de la boulimie. Les deux maladies peuvent faire Ă©normĂ©ment de mal. J'ai commencĂ© Ă faire des crises de boulimie aprĂšs mon hospitalisation. Je pouvais avaler le contenu entier du placard de petit dĂ©jeuner familial, assise sur le sol. Je n'avais mĂȘme pas le temps de finir d'avaler que ma main plongeait de nouveau dans le paquet. Mon esprit me hurlait d'arrĂȘter mais je n'y arrivais pas, jusqu'Ă avoir mal au ventre ou que quelqu'un entre dans la piĂšce. J'ai commencĂ© Ă me faire vomir. Je pouvais faire des crises et vomir plusieurs fois par jour. J'avais tellement honte de moi. Je ne voulais pas manger, cela ne me procurait aucun plaisir mais je ne pouvais pas me contrĂŽler. Parfois, alors que j'essayais d'Ă©viter une nouvelle crise, je tournais en rond dans la cuisine, en ouvrant et fermant les placards de nourriture, encore et encore. Les crises de boulimie et les pĂ©riodes de jeĂ»ne s'alternaient. A ce moment lĂ , je pensais que jeĂ»ner Ă©tait l'unique moyen d'ĂȘtre libre. Libre de penser Ă autre chose que ce Ă quoi je venais de manger. Libre de penser Ă autre chose qu'Ă vomir le plus vite possible, quels que soient le moment et le lieu. Libre du duel "c'est bien â non c'est une honte" qui avait lieu dans ma tĂȘte presque Ă chaque fois que je mangeais quelque chose. Libre du risque de faire une autre crise de boulimie. Libre de faire autre chose que manger et vomir. C'Ă©tait une fausse libertĂ©, encore ce faux sentiment de contrĂŽle. Ce coup-ci, plus je me restreignais, plus mon corps me demandait de la nourriture, des rĂ©serves, ce qui provoquait des crises de boulimie. Se restreindre n'est pas une solution. La nourriture est essentielle pour survivre. La guĂ©rison est essentielle pour vivre. "Fais attention Ă tes commentaires" Quand j'ai commencĂ© Ă reprendre du poids, j'avais l'impression de recevoir un coup Ă chaque fois qu'une personne me disait "Tu as l'air d'aller mieux !". Pour eux, c'Ă©tait sans doute un compliment mais je le recevais comme une insulte. J'avais l'impression que c'Ă©tait une maniĂšre de me dire que j'avais gagnĂ© du poids et que c'Ă©tait flagrant. Les personnes qui souffrent de trouble du comportement alimentaire n'ont pas nĂ©cessairement l'air maigre, d'autant plus si elles sont boulimiques. Quand anorexique reprend du poids, cela ne veut pas dire qu'elle/il est Le corps n'est pas le seul qui doit guĂ©rir, l'esprit doit aussi le faire et le chemin est long. Lorsque j'essayais de me forcer Ă manger, la pression Ă©tait encore plus forte lorsque des personnes me regardaient ou commentaient mes progrĂšs. Je me crĂ©ais dĂ©jĂ suffisamment de pression toute seule, pas besoin d'en rajouter. Entendre "Oh, tu as mis de la sauce dans ta salade aujourd'hui !" rend juste les choses plus difficiles. S'il-te-plaĂźt, ne te moque pas du poids d' autre. N'encourage personne Ă perdre du poids. Pour moi, les troubles du comportement alimentaire ont commencĂ© aprĂšs un rĂ©gime. Il m'a fallu plusieurs annĂ©es pour en guĂ©rir. "Tu peux en mourir" Je le savais mais je ne voulais pas y croire, jusqu'Ă ce que mon amie meure. Elle voulait vivre mais elle Ă©tait devenue trop faible. Fais attention, vraiment. "Tu peux t'en sortir, je te le promets" Je me suis battue contre les troubles du comportement alimentaire pendant quatre ans. Je pensais que je pourrais jamais ĂȘtre guĂ©rie. Je me suis enfuie de l'hĂŽpital en pensant que je n'arriverais jamais Ă atteindre l'objectif de poids dĂ©terminĂ© par le mĂ©decin et que je resterais donc enfermĂ©e pour le restant de mes jours. Je me suis sentie vraiment impuissante et il m'est arrivĂ© de penser Ă mourir. Je voulais m'affamer Ă mort pour garder cette fausse impression de contrĂŽle. J'avais l'impression que si je ne le faisais pas, si je gagnais du poids la maladie me tuerait mentalement. Je pensais que je ne comprendrais plus jamais ce que c'est de marcher sans penser aux calories brĂ»lĂ©es ; ou de manger par plaisir et non pas avec honte et Ă cause des crises de boulimie. J'ai eu des hauts et des bas pendant quatre ans. J'ai cru que cela s'arrĂȘterait jamais. Mais ça c'est arrĂȘtĂ©. S'il-te-plaĂźt, n'abandonne jamais. Cela peut prendre du temps mais je te le promets ça vaut le coup. "N'aie pas peur de guĂ©rir" A un moment, je pensais que si je laissais l'anorexie s'en allait, je n'aurais plus aucun but. L'anorexie a occupĂ© toutes mes pensĂ©es pendant longtemps. Elle me 'guidait' et dirigeait toutes mes journĂ©es. J'avais peur de me sentir vide. Pas "vide" sans nourriture, mais sans sens, sans guide. Je n'arrivais pas Ă me souvenir de ma vie avant la maladie. Maintenant je peux te l'affirmer il y a Ă©normĂ©ment de moyens de profiter de la vie quand on est en bonne santĂ©. Marie Verger.
Une nĂ©cessaire adaptation du modĂšle de lâEHPAD Depuis quelques annĂ©es, une grande rĂ©flexion est lancĂ©e autour du fonctionnement des EHPAD. Alors que le papy-boom » approche Ă horizon 2030, et que de plus en plus de personnes ĂągĂ©es ne veulent plus vivre dans un EHPAD sur le modĂšle actuel et souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible, une nĂ©cessaire mutation et ouverture doit rapidement ĂȘtre opĂ©rĂ©e. Dans ce droit fil, la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e Ă lâautonomie, Brigitte Bourguignon, a annoncĂ© en juillet 2021 les prioritĂ©s gouvernementales du SĂ©gur de la santĂ© et du plan de relance pour lâinvestissement en sâappuyant sur la formule LâEHPAD est mort, vive lâEHPAD ». Ainsi, elle a confirmĂ© que ce plan dâinvestissement sera lâoccasion dâune redĂ©finition globale de lâoffre dâhĂ©bergement autour de 3 fondamentaux Des EHPAD plus mĂ©dicalisĂ©s avec le renforcement du soutien mĂ©dical, la crĂ©ation dâEHPAD centres de ressources » et de filiĂšres gĂ©riatriques dâ EHPAD vĂ©ritables lieux de vieDes EHPAD ouverts sur lâextĂ©rieur Une transformation profonde, pour laquelle la ministre a souhaitĂ© signer une convention liant la CNSA et la Caisse des DĂ©pĂŽts jusque 2026, qui va accompagner la stratĂ©gie des territoires, soutenir massivement la rĂ©novation du parc existant et la rĂ©alisation de nouvelles solutions dâhĂ©bergement et dĂ©velopper des solutions innovantes. Afin de rĂ©flĂ©chir Ă des solutions Ă mettre en place pour faire de lâEHPAD de demain un lieu plus accueillant et inclusif, oĂč chacun puisse se sentir chez soi, le Think Tank MatiĂšres Grises sâest Ă©galement astreint Ă lâĂ©laboration du rapport LâEHPAD du futur commence aujourdâhui, Propositions pour changement radical de modĂšle », dans lequel il donne des pistes dâactions pour opĂ©rer ce changement de modĂšle. Dans ce document de 80 pages, tout en concĂ©dant que le maintien Ă domicile le plus longtemps possible est la solution que beaucoup privilĂ©gient aujourdâhui, et que des offres alternatives dâhĂ©bergement comme les rĂ©sidences seniors se dĂ©veloppent, les auteurs pointent en premier lieu que demain les EHPAD continueront de constituer lâoffre centrale de la prise en charge des personnes les plus touchĂ©es par la perte dâautonomie notamment psychique. Les auteurs partent par ailleurs du postulat que lâEHPAD de demain devra aussi prendre en compte le fait que les futurs 85 ans et plus sont ceux qui ont vĂ©cu toute leur vie dans des logements souvent spacieux et de qualitĂ©, ainsi que la pression de lâopinion publique qui somme dâorienter autrement les EHPAD, trop souvent assimilĂ©s Ă lâenfermement et la contrainte. DĂšs lors, il propose dâengager 3 grands chantiers. MĂ©thodologie Le rapport LâEHPAD du futur commence aujourdâhui » a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© grĂące Ă 107 auditions dâexperts et spĂ©cialistes, une revue de la littĂ©rature, un recueil des positions des fĂ©dĂ©rations reprĂ©sentatives du secteur, 198 contributions Ă©crites transmises par des directeurs dâĂ©tablissements, professionnels, institutions et collectivitĂ©s, ainsi quâune consultation sous la forme de sondages auprĂšs de directeurs dâĂ©tablissements, ou encore des tĂ©moignages et expertises des groupes adhĂ©rents du Think Tank. CHANTIER 1 â Du bienvenue chez nous » au bienvenue chez vous » Au commencement dâun changement de modĂšle de lâEHAPD il convient de placer la personne ĂągĂ©e au cĆur du dispositif. Si le statut des personnes ĂągĂ©es a considĂ©rablement Ă©voluĂ© au cours des derniĂšres dĂ©cennies, il devra changer encore plus radicalement dâici 2030 pour rĂ©pondre aux aspirations des futures gĂ©nĂ©rations de rĂ©sidents. Ainsi, les maitres-mots devront ĂȘtre libre-choix, autonomie, consentement, libertĂ©, participation effective Ă la vie de lâĂ©tablissement, place des familles, respect de lâintimitĂ©, Ă©thique. De plus, le virage domiciliaire doit aussi sâappliquer Ă lâEHPAD, et lâorganisation de lâĂ©tablissement doit sâadapter Ă cette nouvelle donne Selon le rapport, plusieurs objectifs sont Ă mettre en place pour ce faire. Voici leurs recommandations Objectif 1 Je suis en EHPAD, je suis chez moi La personne ĂągĂ©e Ă©tant chez elle, elle voudra demain vivre de façon autonome, selon ses propres rĂšgles. Ainsi, la praticitĂ© », les contraintes organisationnelles ou les normes de sĂ©curitĂ© ne seront plus des excuses valables pour imposer aux rĂ©sidents lâheure de leur toilette ou le menu de leur dĂ©jeuner, pour sâintroduire dans leur domicile sans autorisation ou encore pour empĂȘcher deux rĂ©sidents de passer la nuit ensemble. La personne devra primer sur lâinstitution. Pour ce faire, plusieurs axes dâactions sont Ă mettre en place Ă chacun son rythme La personne ĂągĂ©e devra pouvoir Se lever et se coucher quand elle le souhaiteManger quand elle a faimSolliciter de lâaide quand elle en a besoin Ă chacun son menu LâEHPAD devra pouvoir proposer Une alimentation plus saine, plus responsable agriculture bio, circuits courts, etcâŠUne alimentation plus diversifiĂ©e en laissant le choix de leur menu aux rĂ©sidents buffets, possibilitĂ© de choix entre plusieurs plats la veille, possibilitĂ© de commander partout, Ă tout instant rendu possible par exemple avec la crĂ©ation dâun rĂ©seau de restaurants locaux labellisĂ©s ou la venue de food truck La libertĂ© avant la sĂ©curitĂ© Aujourdâhui, la culture hyper sĂ©curitaire de lâEHPAD entrave les libertĂ©s de la personne ĂągĂ©e. Demain lâĂ©tablissement devra pouvoir LĂącher prise pour donner la prioritĂ© aux dĂ©sirs et Ă la libertĂ© dâagir des rĂ©sidentsLaisser aux rĂ©sidents la libertĂ© dâaller et venirAccepter une part de risque Un lieu de vie avant dâĂȘtre un lieu de soin Un vĂ©ritable changement de paradigme doit ĂȘtre opĂ©rĂ© Les professionnels ne travailleront pas pour lâinstitution mais devront ĂȘtre au service de chaque personne au sein de son domicile Lâintervention soignante devra ĂȘtre plus discrĂšte Objectif 2 Un habitant citoyen plutĂŽt quâun rĂ©sident Comme les mots ont un sens, demain il conviendra demain de parler dâhabitants plutĂŽt que de rĂ©sidents, puisquâils seront chez eux, et de citoyens, qui voudront de plus en plus systĂ©matiquement ĂȘtre entendus et Ă©coutĂ©s. Ăcouter et entendre lâhabitant-citoyen Demain, lâEHPAD ne devra plus faire lâimpasse sur lâimplication citoyenne des rĂ©sidents. Pour ce faire, lâĂ©tablissement devra tout dâabord impliquer les habitants dans les dĂ©cisions de la vie de lâĂ©tablissement. Par ailleurs, il conviendra de sâassurer de laisser le choix aux habitants et quâils puissent communiquer librement leur prĂ©fĂ©rence, leur consentement ou leur refus face Ă ce choix. Faciliter cette expression pourra passer par exemple, pour les personnes qui en auront les capacitĂ©s, par lâutilisation dâune tablette numĂ©rique sur laquelle elles pourront choisir leur menu, voter pour le film du mercredi soir, ou encore alerter lâĂ©quipe quâelles sont levĂ©es. Mais cette population ne reprĂ©sentera par la majoritĂ© des rĂ©sidents de lâEHPAD de 2030. Lâenjeu sera donc dâidentifier comment faciliter lâexpression du choix des autres rĂ©sidents, ceux avec qui la communication est restreinte ou trĂšs complexe. Faire du client un roi avant dâĂȘtre un GIR La personne devra ĂȘtre apprĂ©hendĂ©e dans toute son individualitĂ©, en se basant sur une prĂ©somption dâautonomie et de compĂ©tence et non lâinverse. Les Ă©quipes devront aussi ĂȘtre attentives aux envies, aux souhaits et aux choix de la personne. Respect total Le tutoiement, qui peut parfois apparaitre comme bienveillant ou sympathique, ne devra plus ĂȘtre subi par les personnes ĂągĂ©es sans leur autorisation expresse. Idem pour le ton de la voix qui se veut parfois protecteur et qui est en rĂ©alitĂ© totalement infantilisant. Objectif 3 Donner toute sa place Ă la famille Familles et habitants, seuls maĂźtres de leur relation LâEHPAD de demain ne pourra plus appliquer des rĂšgles aussi dĂ©rogatoires que lâinterdiction des visites des familles. Ce qui sâest passĂ© en 2020 ne sera pas acceptable ni pour les personnes ĂągĂ©es ni pour leurs proches, ni pour les professionnels qui les accompagnent demain, nul ne pourra retirer Ă une famille son droit de visite. Plus loin, familles et rĂ©sidents devront pouvoir se voir quand ils le voudront, par exemple grĂące Ă la mise en place de digicodes Ă lâentrĂ©e de lâĂ©tablissement, ou de systĂšme dâinscription en ligne pour les visites. Dans ce droit fil, les Ă©tablissements devront se montrer agile pour faciliter et encourager la venue des familles Les familles, protagonistes de la vie de lâEHPAD Au-delĂ de leur impact sur le bien-ĂȘtre de leurs proches, les familles jouent aussi, pour certaines prĂ©sentes quotidiennement, une place dâaidant bĂ©nĂ©vole non nĂ©gligeable. Une ressource quâil convient donc dâencourager Ă sâinvestir. Pour un EHPAD, les familles jouent aussi le rĂŽle de prescripteur voire de payeur. Aussi pour ne pas les limiter Ă leur rĂŽle de visiteur, il conviendra de nĂ©cessitĂ© de les associer de façon encore plus importante aux prises de dĂ©cision en rĂ©novant le CVS, mais Ă©galement Ă travers lâorganisation dâateliers collaboratifs, la crĂ©ation dâespaces semi-collectifs plus intimes ou encore lâouverture des horaires de lâĂ©tablissement. Objectif 4 des lieux de vie ouverts sur leur environnement, ancrĂ©s dans leur territoire Lâobsession du risque zĂ©ro a eu tendance parfois Ă se traduire par une bunkĂ©risation des Ă©tablissements. Or lâouverture des Ă©tablissements est sans conteste un Ă©lĂ©ment de vie sociale renforcĂ©e pour les rĂ©sidents. Pour ce faire, les leviers dâactions pour multiplier les interactions peuvent ĂȘtre multiples faire rentrer dans lâEHPAD des intervenants extĂ©rieurs, permettre aux rĂ©sidents de se voir proposer des activitĂ©s extĂ©rieures⊠Cela peut notamment passer par La crĂ©ation de liens entre chaque EHPAD et une Ă©cole primaire ou un collĂšge ;Le jumelage de chaque EHPAD avec un club sportif local en lui permettant par exemple un entrainement dans le parc, de prendre les repas dâaprĂšs match restaurant de lâEHPAD ou encore dâanimer des activitĂ©s physiques adaptĂ©es ;Le positionnement de lâEHPAD comme lieu dâaccueil de la vie associative et de diffusion culturelle, les associations Ă©tant souvent Ă la recherche de lieux pour rĂ©aliser leurs activitĂ©s, ou proposer des confĂ©rences. Mais lâEHPAD peut aussi demain devenir un lieu de convivialitĂ© et de services au bĂ©nĂ©fice de la population locale grĂące Ă son restaurant qui pourrait accueillir des convives extĂ©rieursĂ son accueil qui pourrait ĂȘtre un point relais pour les colisĂ lâinstallation de la tĂ©lĂ©mĂ©decineĂ lâorganisation dâactivitĂ©s sportives adaptĂ©es CHANTIER 2 REPENSER LâARCHITECTURE ET LES ESPACES Objectif 1 Des logements plutĂŽt que des chambres Aujourdâhui, lâagencement des espaces en EHPAD reste trĂšs proche de celui des hĂŽpitaux. Afin de casser cette image, lâEHPAD de 2030 ne devra plus ĂȘtre constituĂ© de chambres, mais de logements. Pour ce faire, il convient de Repenser la place du lit qui ne doit plus ĂȘtre au centre de la piĂšce, et rĂ©sumer le logement de la personne ;Pouvoir rendre le logement personnalisable en laissant les personnes venir avec leurs meubles dans la limite de lâespace disponible, et mĂȘme en allant jusquâĂ proposer de choisir la couleur des murs du logement ;Proposer des tailles, des formes et donc des tarifs diffĂ©rents pour les logements ;Installer des sonnettes et des boĂźtes aux lettres Ă lâentrĂ©e de chaque logement ;Augmenter les surfaces privatives en passant au minimum Ă 26m2, avec pour objectif 30m2. Objectif 2 Sâapprocher de lâambiance comme Ă la maison Si lâEHPAD ne pourra jamais remplacer la maison dans laquelle la personne vivait auparavant, rien nâempĂȘche de tout faire pour que ce lieu crĂ©er les conditions dâun accueil le plus confortable possible et une atmosphĂšre la plus domestiquĂ©e possible. Cela passe par exemple par Un travail autour de la lumiĂšre qui doit viser Ă Favoriser lâarrivĂ©e de la lumiĂšre naturelle, Proscrire les faux plafonds hospitaliers, Multiplier les petites sources de lumiĂšre artificielle Un travail sur les matiĂšres des sols et murs qui Ne peuvent plus ĂȘtre pensĂ©s uniquement de façon pratique Permette de sâautoriser du beau pour donner un aspect plus domestique Objectif 3 Et si le collectif laissait la place au semi-collectif ? Demain, la vie en grande collectivitĂ© ne devra plus sâimposer Ă tous et partout. Ainsi, les mots dâordre de lâEHPAD de 2030 devront ĂȘtre segmentation » et diversification ». Le semi-collectif, la modularitĂ© ou encore la diversification des ambiances devront peu Ă peu devenir la norme. Finie la salle Ă manger pour 100 personnes Afin de privilĂ©gier le semi-collectif, lâĂ©tablissement devra favoriser les petites salles Ă manger et petits salons. La segmentation des salles pourra ĂȘtre rendue possible, par exemple grĂące Ă des parois amovibles qui laisseront la possibilitĂ© dâorganiser parfois de plus grands rassemblements. Diversification des lieux et des ambiances La diversitĂ© des ambiances devra aussi concerner les couloirs afin dây rendre la circulation moins ennuyeuse. Pour ce faire, lâĂ©tablissement pourra y installer de vieux meubles afin de les Ă©quiper comme une grande rĂ©sidence familiale. Ces espaces de circulation pourront ainsi devenir des lieux de vie et crĂ©er un pallier dâintimitĂ© entre lâespace hyper collectif et le logement privatif. GrĂące Ă la mise en place de parois amovibles, les bĂątiments pourront aussi ĂȘtre flexibilisĂ©s pour assurer leur ouverture vers lâextĂ©rieur. Si lâon dispose dâune multitude dâespaces distincts, il sera en effet plus facile dâoser installer des choses au sein de lâEHPAD installation dâespace de coworking, de pop-up store, ou encore de galeries, en sont quelques exemples. CrĂ©er des quartiers Ă la place de chaque unitĂ© Afin de sortir de la dynamique institutionnelle de lâunitĂ©, les EHPAD pourront demain mettre en place des quartiers qui fonctionneront de façon autonome sur toutes les dimensions de lâaccompagnement. Chaque quartier sera ainsi Ă©quipĂ© comme sâil Ă©tait le cĆur de lâEHPAD place du village, espace collation, kiosque Ă journaux, bancs devant les logements y seront installĂ©s. Ce fonctionnement proposera aux rĂ©sidents une vie sociale en plus petite communautĂ© et lâimpression dâhabiter son propre immeuble. Dans ce droit fil, il convient aussi de crĂ©er des entrĂ©es distinctes dans lâEHPAD pour les habitants dâune part, et les visiteurs dâautre part. Objectif 4 Le soin, hors de ma vue Demain, les EHPAD devront planquer le soin quâon ne veut plus voir car il Ă©voque la mĂ©dicalisation et la dĂ©pendance. Il ne sâagit pas de nier le soin dont ont besoin les rĂ©sidents, mais de ne plus le voir primer partout, tout le temps. Pour ce faire, les Ă©tablissements devront imaginer une dissociation physique de la partie habitation et de la partie services, en pensant les espaces professionnels Ă proximitĂ© mais en dehors des espaces de vie des rĂ©sidents. Objectif 5 LâEHPAD au cĆur de la sociĂ©tĂ© et de ses dĂ©fis Ne plus vivre cachĂ© Afin de rĂ©pondre aux attentes de leurs habitants, les nouveaux EHPAD devront sâimplanter stratĂ©giquement pour pouvoir sâouvrir sur la vie de leur quartier. Mais au-delĂ , lâEHPAD de 2030 devra aussi faire entrer la vie installation dâespace de co-working, de boutique Ă©phĂ©mĂšre, de galerie, dâespace de vente de produits locaux, ou encore de bibliothĂšque⊠Chacun devra rĂ©flĂ©chir pour construire les tiers-lieux de demain. Surfer sur lâopportunitĂ© numĂ©rique Si le numĂ©rique est aujourdâhui comme un dĂ©fi par les EHPAD, il sera demain source de nombreux atouts. Ainsi, les Ă©tablissements doivent dĂšs maintenant surfer sur lâopportunitĂ© qui leur est offerte au travers le plan numĂ©rique pour les Ă©tablissements sociaux et mĂ©dico-sociaux qui prĂ©voit une aide Ă hauteur de 600 millions dâeuros pour les Ă©quiper. Tablettes et Internet seront en effet les objets du quotidien des rĂ©sidents de 2030, et il est donc indispensable de flĂ©cher utilement les crĂ©dits prĂ©vus au plan ESMS numĂ©rique, et de travailler sur la sĂ©curisation des donnĂ©es. Des EHPAD plus verts La sociĂ©tĂ© et les rĂ©sidents de demain auront de fortes attentes sur la question Ă©cologique. Les Ă©tablissements doivent donc dĂšs maintenant agir sur les questions environnementales, notamment Ă travers leur bĂąti. Dâautant que la loi ELAN impose des objectifs ambitieux de rĂ©duction de la consommation dâĂ©nergie des ESMS Ă horizon 2030. Le secteur doit donc ĂȘtre prĂȘt Ă cette rĂ©volution verte, notamment grĂące Ă la formation des directeurs. Le Think Tank propose aussi dans son rapport la crĂ©ation dâun plan national ESMS Ecologie 2030 », qui sera en mesure dâaccompagner les opĂ©rateurs dans la transition Ă©cologique, en les transformant en vĂ©ritables acteurs de cette rĂ©volution. CHANTIER 3 RENDRE POSSIBLE LâEHPAD PLATEFORME Les innovations sĂ©mantiques ont fleuri ces derniĂšres annĂ©es pour dĂ©crire des formules de dĂ©passement de lâEHPD classique. Celui-ci pourra ĂȘtre demain EHPAD plateforme, EHPAD hors les murs, EHPAD Ă domicile, pĂŽle de services gĂ©rontologiques⊠Des dispositifs qui ont Ă©clos sous les rĂ©gimes juridiques et financiers dĂ©rogatoires, notamment celui de lâarticle 51 de la LFSS de 2018. Mais au-delĂ de ces innovations, le Think Tank MatiĂšres Grises appelle dans la derniĂšre partie de son rapport LâEHPAD du futur » Ă un bouleversement radical en plaidant pour un EHPAD plateforme. LâEHPAD possĂšde en effet de nombreuses aubaines pour devenir un vĂ©ritable centre de ressources territorial pour un public bien plus vaste que ses rĂ©sidents. Il est ainsi tout dâabord un espace qui peut accueillir des activitĂ©s provenant de lâextĂ©rieur, mais offre de la restauration ou encore des activitĂ©s dâanimation qui peuvent ĂȘtre ouvertes Ă une pluralitĂ© dâhabitants. Par ailleurs, lâEHPAD doit aussi ĂȘtre apprĂ©hendĂ© comme un atout territorial, jusquâici insuffisamment pris en compte dans la bataille contre le dĂ©sert mĂ©dicaux. Ainsi, si la France doit se doter de maisons de santĂ© pluridisciplinaires, elle doit aussi pouvoir sâappuyer sur le vaste rĂ©seau dâEHPAD qui peut, notamment en milieu rural, servir dâappui Ă la dispensation de soins. Enfin, le rapport appelle Ă mettre fin Ă lâĂ©tanchĂ©itĂ© qui persiste depuis des dĂ©cennies entre lâaide Ă domicile et les EHPAD, qui ont le mĂȘme objectif commun prendre en charge les personnes ĂągĂ©es devenues fragiles. LâEHPAD plateforme a ainsi pour objectif de sortir de cette offre binaire et de coordonner les services existants en portant un vaste bouquet de services relevant du soin, de lâaide, de lâaccompagnement, de la nutrition, de la prĂ©vention ou encore de la mobilitĂ©, qui seront accessibles aussi bien aux rĂ©sidents quâaux personnes ĂągĂ©es demeurant Ă domicile. En rĂ©sumĂ©, lâEHPAD doit ainsi devenir Une plateforme IN qui consistera Ă le transformer en pĂŽle ressources pour les personnes ĂągĂ©es du territoire qui convergeraient vers ce lieuUne plateforme OUT qui visera Ă capitaliser sur son expertise pour dĂ©ployer ses services sur le territoire au-delĂ de ses murs et dâaller ainsi jusquâaux domiciles des personnes ĂągĂ©es qui ont besoin dâĂȘtre accompagnĂ©es chez elle Pour en savoir +
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